ANTHON NORWELL EXPERIMENT - Room Seven (the shadows experiment)

Par Evil Ted. Le 27/03/2021.

J’avais ouvert ma précédente chronique pour le projet ANTHON NORWELL EXPERIMENT en disant que le musicien « arrive encore à nous surprendre avec 2 sorties qui "sortent" de l’ordinaire, sans pour autant s'éloigner de la sphère heavy-rock progressive ». Au risque de me répéter, Anthon Norwell vient nous étonner avec, cette fois-ci, un opéra rock (exercice au combien casse-gueule). Rock au sens large du terme car il nous proposera, pendant une heure, des ambiances rock, progressives, pop, metal, électro … D’ailleurs je rapprocherai un peu cette œuvre du premier OPERATION MINDCRIME de QUEENSRYCHE en raison du caractère conceptuel, de la thématique médicale, du profil de certains personnages, de la variété des ambiances, du côté épique de certaines compositions.

Le line-up est le suivant : au chant nous retrouvons Sam Guerrier en Docteur West, Julie Lunel en Miss Hamilton, Martial Prevel en Mr Chaplain et Anthon Norwell en Mr Mills. Au niveau des instruments, Pascal Louvigny tient la basse et Anthon Norwell se charge des guitares, keyboards et batterie. Des musiciens qui ont l’habitude de collaborer avec le chanteur-multi-instrumentiste dans d’autres projets (Synesthesia, Memory Of Silence…). Comme le dit l’adage : « on ne change pas une équipe qui gagne ».

Quant au synopsis on peut le présenter ainsi : atteint d'un cancer, Mr Mills est soigné à l’hôpital. Toutefois cela ne va pas se passer comme prévu : le chirurgien en chef, le Docteur West, est une sorte de savant-fou menant des recherches plus que douteuses et pratiquant des interventions contre-nature. Il est assisté de l’aumônier Mr Chaplain dans ces méfaits qui, pour le moment, ont tous été des fiascos. Mais Mills va malheureusement se révéler compatible, et ce dernier va alors devoir lutter contre l’oppression de ces soit-disants soignants et un démon intérieur grandissant. Dans cet enfer, l’hôpital se nommant judicieusement « Evil Center », il pourra toutefois compter sur l’aide inespérée de Miss Hamilton.

L’artiste met, une nouvelle fois, beaucoup de sa personne dans cette production que l’on peut appréhender comme un exutoire, une catharsis. Anthon n’hésite pas à se faire, et à nous faire, plaisir en plaçant des références cinématographiques (Dr West – Re-Animator ; Mr Mills – Seven … et non malheureusement Miss Hamilton n’est pas un hommage à l’actrice ayant incarné Sarah Connor, même si elle va se rebeller contre le Dr West) et littéraires (comment ne pas penser à L'ETRANGE CAS DU DOCTEUR JEKYLL ET M. HYDE de ROBERT LOUIS STEVENSON sur la thématique de la double personnalité…voire à Double-Face de l’univers de Batman). C’est un opéra-rock, autant faire les choses en grand ^^.

Comme dit en début d’article, l’album se nourrit de plusieurs courants. Le rock-progressif anglais étant l’influence principale de l’artiste, il est logique de retrouver des passages nous rappelant GENESIS période PHIL COLLINS (et pas seulement en raison de la voix) avec des titres tels que « I HAVE TO LEAVE », « HEY ! DOCTOR WEST », « WHERE ARE YOU NOW » ou encore « I WANT TO GOME HOME ». L’ombre de STEVEN WILSON plane également pour la touche mélancolique (album THE RAVEN THAT REFUSED TO SING (AND OTHER STORIES)) et le rendu classieux de la production (propre, puissante et équilibrée ; un régal pour les oreilles). Sur « I HAVE TO LEAVE » un petit passage m’a même rappelé le riff principal de SWEET CHILD O’MINE des GUNS N’ROSES. D’ailleurs, les aficionados de la guitare seront bien servis, comme dans les différents projets d’A. NORWELL.

Le côté metal s’exprime, tant au niveau du chant qu’à travers les instruments, sur la trilogie « THE SHADOWS EXPERIMENT ». Ces 3 morceaux auraient leur place, et sans rougir, dans la discographie des américains de QUEENSRYCHE.

« THE SHADOWS ARE CHANGING », chanté par Julie Lunel, mêle un esprit rock à un côté plus électro-pop à la GOSSIP (ancien groupe de BETH DITTO). Ce qui donne une bonne dose de peps et un léger côté dansant à la composition. Sur « HE CONTROLS ME » Julie Lunel pousse sa voix pour le meilleur effet. Des solos viennent enfin sublimer cet extrait que je considère comme un des tous meilleurs de l’album.

« Sans variété, point de beauté ». Cette maxime de Voltaire résume assez bien cette nouvelle offrande d’ANTHON NORWELL EXPERIMENT qui a su éviter les pièges de l’album conceptuel en mode opéra-rock grâce notamment à un concept clair, aucune fioriture ni de temps mort, et une diversité des ambiances (les 15 titres parleront aux metalheads comme à un public plus rock).

Bonne écoute.

https://www.facebook.com/Anthon-Norwell-Experiment-1906869562870960/

https://somanrecords.bandcamp.com/album/room-seven-the-shadows-experiment

Clip de « THE MEANING OF LIFE » :

« THE SHADOWS EXPERIMENT PART I (THE UNDERTAKER) » :

« THE SHADOWS ARE CHANGING » :

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