PRINCESSES LEYA - L'histoire sans fond

France

Humour

Metal

Musique

Punk

Evil Ted

-

1 août 2023

" Chronique du premier album des PRINCESSES LEYA qui mélange sketchs et chansons. "
Chroniquer PRINCESSES LEYA me rappelle une discussion que j'ai souvent avec mes potes : « le metal ne se prendrait-il pas parfois un peu trop au sérieux » ? Si on loue aisément un groupe qui s'aventure dans des contrées plus lugubres, lourdes et/ou violentes, pourquoi se montre-t-on parfois bien plus critique envers un projet qui va dans une direction diamétralement opposée et plus légère ? En ce qui me concerne j'ai tendance à  estimer qu'une partie du contrat est remplie lorsque les compositions sont bien exécutées. En ce sens si le propos potache, parodique et gorgé d'hommages à  la culture geek des PRINCESSES LEYA peut ne pas parler à  tout le monde, musicalement c'est « sérieux », varié et respectueux des styles reproduits (punk, metal, folk, variétéâ€¦à  la manière d'ULTRA VOMIT/Andréas & Nicolas).
SPINAL TAP, WEIRD AL YANKOVIC, TENACIOUS D ou encore STEEL PANTHER l'ont (très) bien fait outre-Atlantique avec un succès critique et public à  la clé, alors pourquoi pas chez nous ?! D'autant plus que ces derniers ont de nombreux fans dans l'Hexagone. Et puis, il faut également reconnaitre que les paroles de nos groupes favoris ne volent pas toujours très haut non plus (« Used to love her » des GUNS N'ROSES, « Love gun » de KISS, « She goes down » de Mà–TLEY CRàœE, « Turbo Lover » de JUDAS PRIEST, « Girls Got Rhythm » d'AC/DC…). Et je ne parle même pas de certaines anecdotes devenues légendaires de nos rockstars, n'est-ce pas Ozzy ^^.
Projet pensé à  l'origine comme exclusivement live, le quatuor s'était notamment produit lors des dates du HELLFEST WARM UP en 2019. L'envie de graver leur univers déjanté sur skeud a vite pointé le bout de son nez (non je n'ai pas dit « néné »â€¦ce n'est pas vrai…même si c'est de circonstance) notamment face à  la demande du public après chaque nouvelle représentation. Schoumsky, Dedo (vu dans le JAMEL COMEDY CLUB), Cleo et Xavier ont alors décidé de prolonger le délire sur un support physique, ce qui fait que ce CD et le spectacle sont complémentaires. On retrouve ainsi les meilleurs moments déjà  entendus en live (les titres MAKEBA, SINGLE LADY KILLER, USTENSILES, BALLS BALLS BALLS…) et de l'inédit (en majorité des sketchs dans un esprit « LE DONJON DE NAHEULBEUK »).
Le pitch est le suivant : ayant été projetés dans une dimension parallèle suite à  la vanne de trop, nos 4 aventuriers des temps modernes vont devoir retrouver une partition magique afin de libérer un peuple opprimé et privé de liberté d'écoute. Les titres (12) et les sketchs (14) s'enchainent pour retracer le récit de leur odyssée durant laquelle ils sont amenés à  traverser des niveaux ou des salles pour avancer dans leur quête (je vous vois venir avec le « kéquête »â€¦mais non désolé, ici ils avancent peu comme dans un jeu vidéo ou les temples de Saint Seya). Si le propos n'est évidemment pas à  prendre au premier degré, le combo arrive à  faire passer des messages qui, malgré le ton volontairement humoristique, font écho à  l'actualité : la consommation de masse, l'addiction à  l'alcool, l'éducation, la place de la femme dans la société, les questions de sexualité et de genre, le racisme ordinaire et les clichés/stéréotypes, la maladie chez les séniors, la musique d'aujourd'hui notamment en France (la planète Chlamidia 4 du système JUL…). Les PRINCESSES LEYA se sont appropriés cette maxime de Jacques Brel : « l'humour est la forme la plus saine de la lucidité ».
« L'HISTOIRE SANS FOND » (clin d'oeil à  l'Histoire Sans Fin - Neverending Story) multiplie les références à  la pop-culture : Star Wars, Jayce et les conquérants de la lumière, Harry Potter, Trainspotting, René la Taupe, Bob Marley, le club des 27 (Cobain, Winehouse)…D'ailleurs ils ont eu le bon goût d'inviter 2 voix qui ont bercé notre jeunesse : CHRISTOPHE LEMOINE (Cartman dans South Park…un extrait s'intitule comme sa réplique culte « JE VOUS EMMERDE ET JE RENTRE A MA MAISON »...clip en fin d'article) et BRIGITTE LECORDIER (Dragon Ball, Dragon Ball Z…). Quel plaisir d'entendre cette dernière dire des énormités avec la voix des héros de notre enfance. Comme vous devez vous en douter, la troupe nous propose un florilège de jeux de mots plus ou moins savoureux avec notamment un « François Falafeldman » qui m'a fait hurler de rire.
Quant à  la musique, on retrouve des reprises mis à  leur sauce : le « MAKEBA » de JAIN et le « LOVE IS ALL » de ROGER GLOVER/DIO rebaptisé « GRACE A l'ALCOOL » sont désormais punkisants, ou encore le « BOYS BOYS BOYS » de SABRINA qui devient un « BALLS BALLS BALLS » version RAMMSTEIN. Comme dit plus haut le punk est souvent mis à  l'honneur dans un esprit TAGADA JONES notamment avec « LE TYPE CHELOU EN CAPUCHE » ou « GRACE A l'ALCOOL ». Vous retrouverez également des passages qui vous rappelleront aisément PRINCE, GEORGES MICHAEL, EMINEM (sur DESTRUCTION VAGINALE), BIG SOUL et son tube « LE BRIO (BRANCHEZ LA GUITARE), AXL ROSE (sur le final sur « TUE TES PARENTS »). Les ambiances sont variées mais surtout (très) réussies, on les écoute avec la banane (« humour, boire et gaieté » en quelque sorte).
Je ne m'attendais pas à  être embarqué de la sorte par les PRINCESSES LEYA qui nous livrent l'OVNI de ce début 2021. Inspiré, drôle et musicalement convaincant, le groupe nous accouche d'un concept album réussi qui s'adresse à  des publics différents, qu'ils soient amateurs de metal ou pas (le metal n'étant qu'un moyen d'enrichir leur univers musical et scénaristique). Gardons l'esprit ouvert pour ne pas sombrer comme les habitants de la planète Chlamidia 4. Le crowdfunding ayant particulièrement bien marché (une preuve de l'intérêt porté par le public français), ils ont pu se donner des moyens supplémentaires pour promouvoir au mieux cette première sortie (des clips sont à  venir). « Cartman » nous tease même un second album. Le meilleur semble à  venir pour nos frenchies. To be continued …
Bonne écoute.
Clip de « MAKEBA » (cover JAIN) :
Clip de « JE VOUS EMMERDE ET JE RENTRE A MA MAISON » :
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