ROCK FOREVER (Adam Shankman)

Par Evil Ted. Le 10/06/2021.

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ROCK OF AGES est une comédie musicale culte, passée notamment par Broadway, que tous les fans de hardrock/glam connaissent forcément. Le rapport avec ROCK FOREVER ? C’est tout simplement l’adaptation cinématographique de ce spectacle qui, au milieu des années 2000, remettait en lumière bon nombre de classiques rock des 80’s.

Le synopsis est le suivant : la jeune Sherrie quitte sa petite ville de campagne pour Los Angeles afin de réaliser son rêve et devenir chanteuse de rock (et pas rock star, cela a son importance). Dans le bus, elle a pris ses vinyles préférés (Aerosmith, Poison, Lita Ford…et le groupe fictif Arsenal), une photo avec un petit mot de sa grand-mère l’encourage (on apprendra plus tard qu’elle a été élevée par cette dernière). Elle chantonne « Sister Christian », titre culte de hard FM US (tellement incontournable qu’il a été moqué par Seth Macfarlane dans un épisode American Dad lors d’un mauvais trip entre Stan et Roger…ce qui nous prouve le statut de NIGHT RANGER outre-Atlantique).

A peine descendu du bus, elle se fait voler sa valise, se retrouve au beau milieu d’une interpellation policière et elle est accostée par des prostituées (la scène nous rappelle inévitablement Axl Rose dans le clip « Welcome To The Jungle »). Heureusement un jeune va lui porter secours, Drew, et va même la pistonner pour lui trouver un boulot de serveuse au Bourbon Room, salle culte où des live cultes ont été captés (salle tenue par le couple Alec Baldwin et Russell Brand). Drew donne un coup de main au bar et rêve lui aussi de percer dans le rock (il chante « I WANNA ROCK » des TWISTED SISTERS). Evidemment une histoire va naitre entre ces 2 protagonistes, mais celle-ci connaîtra des turbulences.

Il convient alors de préciser que ROCK FOREVER est plus une comédie musicale sur l’Amour soutenue par du bon (hard) rock, plutôt qu’une comédie musicale sur le Rock avec une love-story en filigrane. Elément essentiel à prendre en compte pour ne pas être déçu pendant ou à la fin du visionnage. C’est aussi un film sur le début du « pseudo déclin du rock », un vieux serpent de mer connu par chaque génération (n’oublions pas que l’action se déroule à la fin des 80’s) : les boys bands et le rap vont commencer à envahir les charts. Le réalisateur nous propose même un mix : le boys band rap ! Une supercherie marketing montée de toutes pièces par un manager peu scrupuleux – interprété par l’excellent Paul Giamatti - qui heureusement connaîtra une carrière « feu de paille ».

Le film joue avec les clichés : les fans au look glam sont confondus avec des filles (clin d’oeil à« Dude (looks like a lady) d’Aerosmith et aux membres de Môley Crüe par la même occasion), Catherine Zeta Jones en mode Mary Elizabeth « Tipper » Gore qui cache un secret inavouable dont on se doute dès le début, la trop discrète Malin Åkerman qui incarne une journaliste raide dingue d’une rock star nommée Stacee Jaxx qu’elle vient interviewer pour son denrier concert avec son groupe…et cette rock star interprété par un Tom Cruise totalement mégalo et paumé qui nous rappelle Axl Rose, Bret Michaels, Nicolas Cage ou même Jean-Claude Van Damme (son personnage est totalement perché/aware). Catherine Zeta Jones, compagne d’un Bryan Cranston infidèle (il se fait fesser par sa secrétaire dans le bureau du curé, dans une église), va mener une croisade contre Tom Cruise et la salle du Bourbon room qui représentent le mal (pour elle Stacéé Saxx = le sexe, la perversité musicale et … le sexe lol). Elle est accompagnée d’une meute de mamans très puritaines dont une a vu « son fils mangé la tête du cheval de leur voisin à cause de cette musique ». Plus fort que notre Ozzy le gamin.

L’histoire de nos 2 jeunes tourtereaux Sherrie et Drew est intimement liée au concert et au processus de remise en question que Stace Jaxx va traverser. Tous les acteurs du film chantent, certain(e)s peuvent remercier les logiciels qui ont permis d’améliorer plus ou moins leur timbre. Tom Cruise est « affublé » d’une voix nasillarde à la Vince Neil mais ça passe plutôt bien sur les titres qu’il chantera : « Wanted Dead Or Alive » (Bon Jovi), « Pour Some Sugar on Me » ou encore « Don’t Stop Believin’ » (Journey).

Stacee Jaxx se révèle une rock star sur le déclin, enfermé dans un personnage créé malgré lui et par les médias (il n’y a que lui qui se connait vraiment car c’est lui qui vit là-dedans), accro à l’alcool, au sexe, à tous les excès et accompagné d’un singe nommé Hey Man et habillé comme une rock star également. Mais la rédemption n’est pas loin… « Don’t Stop Believin’ ». Quel plaisir d’entendre JOURNEY, FOREIGNER, PAT BENATAR, REO SPEEDWAGON, groupes cultes dont on parle assez peu aujourd’hui sur le vieux continent. La B.O contient d’autres titres chantés plus confidentiels que je vous laisse découvrir par vous-mêmes, et des titres non chanté en filigrane qui fleurent bon les 80’s (SKID ROW…).

Extrait avec spoil « Any Way You Want It - Journey » (très belle prestation de Mary J. Blige) :

Extrait avec spoil « Don't Stop Believin' - Journey » :

Ne cherchez pas un film sur le rock/hard/glam des 80’s avec ROCK FOREVER. C’est une comédie romantique destiné à un public adolescent, avec une bande son qui pourrait éveiller leur coeur de rocker, mais aussi réveiller celui de leurs parents qui connaissent plus ou moins ces classiques pour peu qu’ils aient vécu les 80’s (effet madeleine de Proust garanti). On pourrait reprocher au long métrage une morale ultra simpliste (l’amour plutôt que la fortune, écoutez son coeur, se battre pour ses rêves, croire ne veut pas forcément dire être naïf, quelqu’un nous tend toujours la main…) ; mais n’est-ce pas le cas pour toute comédie musicale qui nous présente souvent un monde et des enjeux très manichéens. En conclusion : un film très sympa pour un karaoké entre pote et/ou en couple. Ni plus, ni moins.

Bonne séance.

Trailer :

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