Dans le manoir du Roi Démon : Anguis Dei - Angeist

Par Verveneyel

Dans ce bas monde, il existe des génies absolus qui s'offrent à quelques oreilles initiées seulement. Loin des projecteurs, loin des magazines de kiosque, des cerveaux miraculeux opèrent dans l'ombre pour sustenter une sombre et épars communauté de fidèles. Ur Èmdr Oervn (bon courage pour la prononciation) fait partie de ces êtres rares.

Pour vous faire les présentations, c'est le chanteur d'un des meilleurs groupes de Black Metal Japonais, et d'ailleurs un de mes groupes préférés de Black Metal : Arkha Sva. C'est aussi l'hyperactif qui rassemble autour de lui les plus grands artistes du genre dans son pays pour former le collectif AAAA (dîtes vous qu'il rassemble Kanashimi et Manierisme avec lui dans le groupe Ahpdegma ; rien que ça, c'est de l'or en son). Et voilà qu'en 2021 il se décide à sortir, accompagné par deux membres de Juno Bloodlust, le premier album du projet Anguis Dei ; délice de Black Metal symphonique qui existait depuis 2014, avec deux excellents EPs à son actif, et pas d'album... jusqu'à aujourd'hui. Réjouissez-vous mes frères !

}

Qu'en est-il de la musique de cet album ? La première chose qu'il faut savoir, c'est que la musique d'Ur Èmdr Oervn est souvent dans le versant le plus gothique du Black Metal. Comprenez que si la violence est bien présente, on a souvent cette impression de Metal de vielles pierres, crié depuis les hautes tours d'un château hanté. Ça n'a jamais été aussi vrai qu'avec cet album, grâce à la nature symphonique du projet bien-sûr, qui renforce autant la grandeur de chaque morceau que leur mélancolie. Les claviers mis à part, la composition du groupe est très mélodique, héroïque, sans pour autant manquer d'agressivité. Les fans de Dark Funeral éclairés y trouveront leur compte au même titre que les amateurs de groupes comme Ghost Bath. C'est vraiment très puissant, avec des recettes que l'on connait, certes, mais non sans réussite. Le son de la production est calibré à la perfection pour l'objet musical, la beauté de toutes les chanson s'impose, évidente. On retrouve aussi du côté des guitares ce petit goût de BM old school à la Mayhem, notamment sur la présence de solos de guitares assez Heavy.

Fait notable, on retrouve RMS, du groupe de facho Baise Ma Hache, ce qui au-delà du versant politique nauséabond constitue tout de même une plus value. Les voix, c'est ce qui donne encore plus de saveur à un album déjà bien mené. On le sait, Ur Èmdr Oervn est un original sur son approche vocale, avec un catalogue de son extrêmement varié. Du côté du chant guttural, c'est déjà très vaste entre grave et aigu, avec en prime des cris suraigus et des espèces de claquements qui feront plaisirs aux fans de Dani Filth époque "Dusk and Her Embrace". Le sieur ose également le chant clair lyrique, et c'est, là encore, du meilleur goût !

Chers lecteurs, entrez sans délai dans la secte, n'hésitez plus, venez écouter ce trésor de Black Metal.