Jouer les Prolongations : Aggretsuko - Metal to the Max

Par Verveneyel

Je ne sais pas vous les amis, mais il m'arrive, de temps en temps, de lire Blastphème Webzine. Si si, je vous jure ! Blague à part, c'est grâce aux recommandations sagaces du notre nounours des enfers, Evil Ted, que j'ai découvert, avec vous, la série Japonaise Aggretsuko, diffusée sur Netflix. J'ai tout de suite accroché tant à l'ambiance générale de l'animé, qu'à son propos social, et la place qu'y tenait le Metal. Je ne vous refais pas la chronique, mais je salue en Aggretsuko un traitement intelligent de la musique Metal, doublé d'un scénario solide, d'un humour attachant, et d'un message fort.

Avec ces conclusions, je ne peut que me réjouir du renouvellement de la série pour une quatrième saison, mais ce qui nous intéresse aujourd'hui se situe ailleurs. Car alors que je flannais dans une de mes boutiques de Comics préférées du centre de Dublin, j'ai découvert avec surprise qu'il existait un comic book Aggretsuko, sorti en Août 2020 chez Oni Press. Ni une, ni deux, je passe à la caisse et ressort avec.

Après lecture, je peux dire que les fans qui ne connaissaient pas encore l'existence du livre peuvent se détendre : c'est de la bonne !

Metal to the Max, c'est le titre de l'ouvrage, est en fait un recueil de trois histoires courtes, qui se passent très probablement entre la saison 2 et la saison 3, étant donné les rapports qu'entretiennent les personnages à notre protagoniste Retsuko.

Les trois histoires ont été dessinées et écrites par des auteurs différents, ce qui l'air de rien redonne un nouveau look à ce qu'on connait déjà : l'esthétique la plus proche de l'animé est probablement celle de Jarrett Williams sur la deuxième histoire. Pour le reste on redécouvre nos personnages préférés avec des traits plus fins (comme ci-contre avec D.J Kirkland), des textures différentes. La série se met à vivre, c'est un aspect positif, d'autant qu'on perçoit une forme d'appropriation culturelle : les auteurs du comic book Aggretsuko sont Américains, et ça n'échappe pas à un oeil vif. La troisième histoire, par exemple, signée Brenda Hickey, a un petit quelque chose de Disney dans ses traits et ses reliefs. Si vous êtes un tant soit peu intime avec le coup de crayon du Journal de Mickey, vous y verrez un petit air.

Là où le livre fait très fort, c'est qu'au-delà du visuel pur, les histoires sont très différentes mais ont toutes les trois capturé à merveille l'esprit de la série, de différentes manières. Le premier récit pourrait très bien être envisagé comme un rêve de Retsuko, une espèce de délire fantasmé à la sauce COVID-19 (je n'en dirai pas plus) ; le deuxième développe de façon très crédible la relation professionnelle et personnelle entre Retsuko et Tsunoda (ce qui n'est pas de tout repos d'ailleurs), tandis que le dernier met en scène un nouveau personnage fugace mais très intéressant, qui va venir bouleverser la vie du bureau de la comptabilité. Tous les épisodes de cette courte antologie mériteraient de faire partie du canon de la série tant on se sent chez soi en les lisant. L'humour de la série est préservé avec justesse, le ton est le même, l'âme intacte.

Le comic book Aggretsuko réussit le défi du portage sur papier, pas comme adaptation mais comme continuité du matériau de base, avec des prises de liberté, mais sans trahir aucunement. C'est une chouette petite lecture comme Aggretsuko est un chouette petit visionnage, que je conseille aux fans comme au non initiés (car il n'est pas nécessaire de connaître la série pour suivre le comics. C'est mieux, mais pas indispensable.)

Bien-sûr, cette version que j'ai trouvée est en anglais, mais les chineurs que vous êtes en trouveront bien une traduction, et au pire des cas, voilà qui décrassera vos vieilles leçons d'antan.