FAUST de Brian YUZNA (2000)

Par Evil Ted. Le 30/08/2021.

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En fouillant récemment dans un rayon « films » je suis tombé sur FAUST de Brian Yuzna qui a fait l’objet d’une réédition Blu-ray. Etant un inconditionnel du réalisateur j’ai donc sauté sur l’occasion. Pour rappel, ce long-métrage, son premier film sous la bannière espagnole Fantastic Factory, se situe entre LE DENTISTE 2 et BEYOND REANIMATOR dans la filmographie du réalisateur. Comme son nom l’indique c’est une relecture du mythe de Faust : un homme pactise avec le diable pour réaliser ses désirs/acquérir des pouvoirs en échange de son âme (dans le film l’intrigue est limitée à une simple histoire de vengeance rappelant le film THE CROW d’Alex Proyas sorti en 1994, lui-même adapté d’un comics). Pourquoi parler de cette oeuvre sur Blastphème ? En plus du clin d’oeil religieux c’est sa B.O bien metal qui a fini par me convaincre : Machine Head, Fear Factory, Obituary, Cradle of Filth, Sepultura, Soulfly, Nailbomb Coal Chamber, Type O Negative…Du (très) lourd !!!

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Avant de s’intéresser plus précisément au film, il faut également rappeler le contexte et présenter quelques faits : FAUST est l’adaptation d’un comics pour adulte (violence, sexe…il a été interdit dans plu) publié par Tim Vigil et David Quinn dès 1987 en discontinu (les derniers numéros ayant été diffusés en 2012, ce qui a aussi freiné la notoriété et le suivi régulier de la saga). Le film a souvent été comparé au film SPAWN de Mark Dippé sorti en 1997 lui-même inspiré du comics du même nom de Todd McFarlane publié à partir de 1992 chez Image. Donc FAUST n’est pas un sous-SPAWN, c’est même une grossière erreur de faire ce raccourci. Et si le film présente quelques similitudes notamment dans le look du personnage (la cape), le héros de Vigil et Quinn est quand même allé plus loin dans le gore-horrifique que notre cher Al Simmons, tant dans les films que les BD (dont les premières aventures restent incontournables dans le monde des comics). En ce qui me concerne, le seul lien que j’ai fait avec l’univers de Spawn concerne le réalisateur : la carrière de Melinda Clarke que l’on retrouve au casting du film de Dippé (Jessica Priest) a été en quelque sorte lancée par Yuzna avec son excellentissime LE RETOUR DES MORTS VIVANTS 3 (de nombreux ados étant tombés sous le charme de son personnage Julie Walker).

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Pour en revenir à l’adaptation sur grand écran, si le réalisateur ne va pas aussi loin dans le trash que sur papier, on y retrouve quand même des moments sanglants. Et cerise sur le gâteau, la patte Yuzna saute aux yeux. En effet, difficile de ne pas faire le rapprochement avec SOCIETY (1989) lors d’une scène de « métamorphose » du bras droit de M (ou encore de la scène de sacrifice partant en orgie.

M est campé par Andrew Divoff qui nous propose un croisement entre son djinn dans WISHMASTER 1 &2 (1997 & 1999) et Deacon Frost (Stephen Dorff, Blade, 1998). Avoir un bon méchant est fondamental car cela apporte un vrai équilibre dans les rapports de force avec le gentil. Dark Vador, Skeletor, Megatron, Shredder, Le Joker, Cobra Commander, Diskor…ces méchants charismatiques sont même souvent plus appréciés par les fans que les héros

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Nous ne sommes évidemment pas surpris de la présence de Jeffrey Combs, excellent comme à son habitude (quel acteur sous-coté quand on y pense), en lieutenant de police bien vénère surnommé « bulldog » qui vous réservera quelques surprises … en bon « lieutenant » de Yuzna je suis presque tenté de dire ^^.

Si l’acteur Mark Frost qui campe l’(anti)héros se montre assez quelconque lorsqu’il est humain, il est heureusement bien plus enthousiasmant lorsqu’il endosse le costume du démon-vengeur avec ces griffes qui évoquent Predator (la scène du métro m’a fait penser à Predator 2), Wolverine voire même Freddy pour le coté slasher. Par contre, la jeune psychologue, jouée par Isabel Brook, n’est pas spécialement convaincante alors qu’elle aura une importance capitale dans le déroulé de l’histoire.

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Gore, nudité et humour potache, toutes les qualités et tous les défauts d’un bon Yuzna sont réunis. C’est parfois cheap mais toujours fun (d’ailleurs c’est souvent pour cette raison que l’on apprécie ce cinéaste). Ah si, j’oubliais, une dernière info : Sony vient d’acquérir les droits pour une série animée. Des comics bien bourrins comme THE BOYS ou INVINCIBLE ayant été récemment porté sur le petit écran, on peut légitimement espérer une série proche du matériau d’origine. On croise les griffes ^^.

Bonne séance.

Trailer :

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