BODYCOUNT par Kevin Eastman et Simon Bisley

Par Evil Ted. Le 06/09/2021.

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Avant tout chose vous devez oublier la série animée de 1987 avec son esprit bon enfant ! Ici on est plus proche de l’esprit originel «Teenage Mutant Ninja Turtles » créé en 1984 par Kevin Eastman (au scénario) et Peter Laird publié. Un univers violent, sombre qui peut évoquer le Daredevil de Frank Miller. Pour ce one-shot, Kevin Eastman était encore aux manettes à cette époque et il était associé à Simon Bisley (Batman/Judge Dredd, Lobo…) ; ce qui aurait dû nous mettre la puce à l’oreille sur le côté potentiellement sulfureux de l’oeuvre en question.

Pour la petite histoire, Eastman a vendu ses parts à Peter Laird en 2000, qui a ensuite revendu les droits à Viacom en 2009. Laird a toutefois gardé la possibilité de publier des histoires TMNT sous certaines conditions. Ce qui a alors permis en 2019 de retrouver les 2 compères pour l’aventure « The Last Ronin ». Fin de l’aparté ^^.

Pour les aficionados de comics, ce BODYCOUNT m’a rappelé les aventures d’un autre héros vert : alors non ce n’est pas Hulk mais Savage Dragon, personnage créé en 1992 par Erik Larsen : corps bodybuildés, plastique des personnages féminins fortement accentuée, hectolitres de sang…bref les auteurs ne font pas dans la dentelle (un peu comme Rob Liefeld avec Youngblood et/ou Deadpool ou Frank Miller précédemment cité). Il y a d’ailleurs un crossover TMNT et Savage Dragon, mais ça c’est une autre histoire. Ce style de dessin risque donc de ne pas plaire à tout le monde (notamment à la jeune génération biberonnée à des dessins beaux, lisses…) : brut, brouillon/fouillis, dans l’exagération…mais il colle parfaitement à l’esprit de ce « buddy movie »…pardon… « buddy comics ».

Ce récit est clairement un témoignage à la gloire des films d’action des années 80’s-90’s que l’on regarde encore aujourd’hui avec un plaisir coupable non dissimulé (ça flingue partout à la John Woo, le nom du méchant est un clin d’oeil au réalisateur). Le tout sur un ton humoristique qui fait aussi penser au chef d’oeuvre de John Carpenter : « Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin » (lui aussi une déclaration d’amour au cinéma asiatique, « Big Trouble In Little China » en V.O).

L’histoire est assez basique : Casey et Raphaël/Raffaelo se retrouvent embarqués dans un périple ultraviolent après avoir porté secours à une demoiselle nommée Midnight qui était poursuivie par des loubards. C’est d’ailleurs Julie Strain, ex-compagne de Kevin Eastman malheureusement décédée en janvier 2021, qui a servi de modèle pour ce personnage (comme pour le personnage de Julie dans Heavy Metal 2000/F.A.K.K 2). De base, on savait que Casey Jones était un bourrin et que Raph était la Tortue la plus belliqueuse. Mais voir notre Ninja au bandana rouge péter un câble et utiliser joyeusement des armes d’assaut plus destructrices les unes que les autres est diaboliquement fun (limite jouissif pour l’ado qui sommeille encore en moi).

Si je devais comparer les 2 compadres à d’autres (anti)héros, je dirai que Casey Jones est un croisement entre Ash et Jack Burton, et que Raph une sorte de mix entre John Rambo et John Matrix. En résumé : plus bad-ass tu meurs ! John Wick, Bloody Milkshake et Nobody n’ont pas assouvi votre soif de gnons, de bastos et d’hémoglobine. Vous avez envie d’une bonne madeleine de Proust. Ce BODYCOUNT est fait pour vous. Je n’en dirai pas plus pour vous laisser le plaisir et la surprise de découvrir cette histoire atypique.

Bonne lecture.

https://vestron.wetta-sunnyside.fr/1349/bodycount/
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