Kaamelott

Par ALEK_Y_ANN

Kaamelott !

Oui, la série, le film, les BD, tu sais, cet univers revu et modifié par M. Astier Alexandre.

Oui, bon ok, tu vas te dire : Encore un pégu qui vient me parler de ce qu’il a compris d’un machin qu’il a même pas saisi lors du début car il avait à peine 16 piges.

Ben justement, je viens pas te parler de ce que j’ai compris mais de ce que j’ai ressenti, il a une sacré nuance non !

J’aime pas me dire que ce que untel à voulu dire c’était ça ! J’ai jamais aimé, je suis pas dans sa tête, ni dans son époque. Déjà que j’ai du mal à comprendre les pignoufs de ma génération c’est pas près d’être le cas pour ceux ayant plusieurs années d’avance.

Non, si je fait un petit papier sur ça , c’est tout d’abord parce que j’en ai envie et c’est tout !

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Donc, Kaamelott. Je me souviens, je regardais Camera Café et quand ils ont annoncé la fin et j’ai un peu appréhendé ce qui arriverait après.

J’ai été agréablement surpris par la série, mes parents m’ayant fait grandir dans l’amour des livres, de l’imagination et de l’Histoire, je suis tout de suite rentré dans l’univers. Je suis devenu addict comme bon nombre d’entre vous.

J’ai même eu un animal de compagnie qui s’appelait « pignouf » (c’est l’expression que je préfère dans Kaamelott, mais ça on s’en fout).

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Du Livre I au Livre III, je me suis retrouvé à suivre ces petits moments, ces intrusions dans la vie de personnages fictifs qui nous étaient décrits comme pas si héroïques et chevaleresques que ça.

Un peu de sombre, d’ombre, de naïveté, pour des personnages utilisés parfois pour donner la leçon. En tant qu’ado c’est bien plus appréciable de voir des personnages de fictions qui ressemble à ce que l’on peut croiser tout les jours.

Apprendre à aimer la naïveté de Perceval et l’adorer pour sa loyauté sans faille. Découvrir que les adultes aussi ont une dichotomie des sentiments, que l’on est pas tout seul à avoir des peurs à la con... Bref pouvoir s’identifier à eux.

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Le Livre IV prend une tournure plus complexe, encore une fois, on découvre de nouvelles émotions dans les personnages, chacun devient plus subtil. ils ne sont pas juste « fourbes » ou « loyaux », ils veulent être indépendants. Mais pas par égoïsme, comme si ils ne pensaient qu’a eux. Non !

Indépendants car lassés de faire des efforts sans voir de résultat, hormis celui de tourner en rond. Ils ont besoin de faire les choses pour eux et par eux mêmes, et certains finissent par en revenir car au final ils ont besoin d’être pris par la main, d’être guidés.

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Le Livre V est pour moi le plus important, même si il est sombre. D’abord le changement de format est important, il permet de pouvoir mieux connaître et apprécier tous les aspects de ces personnages, leurs sentiments et leurs envies.

Après, justement dans ce livre, beaucoup veulent retrouver leur guide : Arthur le roi tout puissant. Arthur, lui, rentre dans cette phase où il en a marre de toujours faire tout pour les autres et d’avoir cette impression de pas être aidé. Alors, ça se remet à tourner en rond, mais à l’envers cette fois.

A ce moment de l’histoire de Kaamelott, je suis en plein dans mes études supérieures à faire des travaux de groupe. Si je devais m’identifier à l’un des personnages, je prendrais celui de Bohort. Plein de bonne volonté, mais pas facile à vivre.

Je ressens ce livre comme si la table ronde était un projet d’études sur lequel on est six à tourner en rond. On n’a pas de leader et on est loin d’être autonomes même si on essaye de le dissimuler car on est presque des adultes.

Une autre chose qui me marque c’est la noirceur qui englobe l’histoire. Faut oser ! Passer du comique avec des réparties bien senti, à ce désespoir qui envahi Kaamelott.

Les personnages complètent leur palette de sentiment, leur dualité est plus présente. Je finis par être un peu comme eux face à leur action, à me retrouver avec des émotions contradictoires.

De l’amour et de la colère contre Karadoc qui semble perdre le respect qu’il éprouvait envers Arthur.

Du dégoût et de la tendresse pour Lancelot, venu tuer Arthur de ces mains, qui le sauve du suicide car au final, il continue de l’aimer.

De l’agacement et de la pitié pour Guenièvre qui malgré le comportement d’Arthur continue de s’inquiéter pour lui.

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Le Livre VI part en arrière, il présente le Background des personnages. Pourquoi, au final, ils ont atterri dans ce bourbier et comment tout se met en place.

L’aventure qui leur dégringole en plein milieu de la figure. Ils n’ont rien demandé et pourtant ils se retrouvent en plein dedans .

Pour ma part, c’est avec ce livre que tout se met vraiment en ordre dans ma tête. La réaction d’untel, l’exaspération d’un autre, la naïveté et la gentillesse de certains. En fait avec ce livre, j’apprends que parfois il faut connaître le passé de quelqu’un pour comprendre son présent.

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Je ne sais pas si Astier à voulu faire passer ces messages à travers son écriture et sa réalisation. C’est cette philosophie que j’ai ressentit à travers Kaamelott, et pas dans les autres séries, films ou livres que j’ai pu voir durant cette période, que j’applique encore aujourd’hui.

On ne sais pas ce que les autres ont vécu et on ne peut juger leur personnalité en fonction de leur actions sur le présent. on est tous égoïstes à un moment donné de nos vies car il faut parfois savoir penser à soi et les sentiments sont de moins en moins simple à gérer en grandissant.

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Quinze ans après j’ai grandi (plus en largeur qu’en hauteur mais c’est pas de ma faute si j’ai la génétique d’un hobbit). J’ai peut être aussi mûri (mais ça c’est pas sûr). Tout ce que je me dis c’est que j’ai hâte de découvrir Kaamelott Premier Volet. Dès l’annonce de la sortie du film je fait l’autruche, je veux rien savoir, rien voir, je veux la surprise. Pour tout vous dire, je ne me suis refait l’intégral de K qu’entre ma première et ma deuxième séances. Et même encore aujourd’hui je n’ai pas vu la bande annonce.

Pas besoin de ça.

J’ai attendu ce film plus longtemps que la sortie du nouvel album de Rammstein et je suis prête à attendre le deuxième volet aussi longtemps que j’ai attendu la saison 4 de Sherlock (soit quelques années mais pas trop quand même).

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Me voici au cinéma, le film commence et bon, y a pas à dire j’y plonge tout entier. Je ris, je m’attendris et je vis l’histoire.

Entre mes deux séances, j’en ai visionné de l’interview. A faire de M. Astier ma première proposition sur la barre de recherche.

Je retiens une phrase qu’il a prononcé et qui, en résumé, donne : Un film ou les acteurs expliquent ce qui se passe, j’aime pas !

Et ça, je le comprend.

Pas besoin de texte ou de scènes en plus car tout ce joue dans le regard, l’émotion et l’instant.

Pas besoin de discours ou d’explications sur le retrait du Duc d’Aquitaine, il à emmené Arthur ou il le devait, face à la résistance !

Je me retrouve heureux et ému par Bohort, de sa table et du message qui s’en dégage : l’héritage est là et pas besoin d’avoir un nom pour y être.

J’ai la même réaction que Léodagan face aux armes de guerre. Tout se vit par son regard et ses gestes. Il aime les armes plus qu’il aime le fric alors c’est normal de le voir ainsi.

L’émotion est à son maximum quand Perceval reconnaît SON ROI. Quoiqu’il arrive, il le sera toujours à ces yeux. L’expression biblique qu’il sort est à la fois un signe de reconnaissance mais aussi un vrai moment d’espoir.

La rencontre entre Guenièvre et Arthur est exactement comme je l’imaginais, ni plus ni moins, et ici non plus, pas besoin de grande tirade pour mettre les choses en place.

Les yeux d’Arthur parlent d’eux-même quand il comprend que la musique est le seul moyen de diriger les Burgondes. Ce moment est poétique, les petites apartés de Maclou m’ont agacé mais elles ont toute leur place dans cette scène.

Une surprise immense quand Arthur grimpe à la tour, qu’il se rapproche et embrasse Guenièvre. Je n’ai jamais aimé les baisers ou le « romantisme » au cinéma car elle me met mal à l’aise.

Là c’est juste merveilleusement bien écrit, joué et filmé. Ce baiser deviens « le baiser ». Si j’étais enfant, rêvant de princesses et de princes charmants, c’est ce baiser que j’imaginerai pour eux. Pas de discours, ni d’aparté, tout se fait à travers l’émotion et la musique.

Et, bordel quelle musique !!!

je ne m’y connais pas assez pour vous parler de comment ça a été écrit ou dirigé, mais je m’y connaît assez en « la musique transporte les émotions » pour vous dire que mon respect pour le travail de M. Astier à encore augmenté

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Pour moi, à la fin du film, Arthur ne cherche pas à finir ce qu’il avait entrepris à la fin du Livre V.

Il décide de mettre un terme à TOUT ce qui à été fait, faire disparaître Kaamelott et lui même.

Dans l’optique de permettre aux autres, qui ont mûri, qui ont compris, de prendre la relève sur de nouvelles bases, sans magie, sans épée, sans légende et sans lui.

Là aussi, tout passe par le regard, la gestuelle et la musique.

Mais, comme à l’habitude de Kaamelott, ses plans ne se déroulent pas comme prévus et il en vient à reprendre sa place de « roi élu par les dieux ».

La suite nous dira si ils arrêteront enfin de tourner en rond.

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J’ai retrouvé, au fil du film, mon ambivalence envers Karadoc, ma tendresse pour Merlin, mon empathie pour Lancelot et mon dégoût pour Dame Mévanwi.

J’ai ri à chaque répartie, je suis parti en fou rire à « cornichon pesteux » mais ça c’est une autre histoire.

Tout ça pour te dire, que ce film, comme la série m’a profondément touché, que mes émotions se sont mêlées à l’histoire et à la musique.

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Maintenant, un petit mot rapide des BD, qui font partie intégrantes de l’univers K.

Ma lecture de ces petites histoires, qui se déroulent entre le début du Livre VI et le Livre III, m’a permis d’attendre et de chérir les personnages. C’est tellement plus facile de leur donner une voix ou une gestuelle , on connaît le jeux des acteurs.

On y trouve des incohérences, ( Karadoc et les bains, Merlin et la cartographie, … ) comme dans les Livres entre eux, d’une part et entre les Livres et le film.

Mais cela donne cette touche Astiérienne que l’on aime, ou pas.

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Merci à toi lecteur d’être arrivé jusqu’ici et d’avoir supporté mon délire autour de cet univers.

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