L'amour des Causes Perdues : Il y a un Robot dans le Jardin - Deborah Install

Par Verveneyel

Il s'en passe des choses dans les jardins. Ceux qui en ont le savent. Il y a des matins, on se réveille, et c'est comme une boîte de chocolat, on ne sait pas sur quoi on va tomber : des chats, des chiens, des hérissons, des taupes, toujours plus de chiendent, des sangliers (on pense à nos amis loiretains), des huissiers... Et parfois on trouve des robots dans le jardin !

C'est en tout cas ce qui arrive à Ben, et on peut dire que le timing est mal choisi pour les imprévus. En ce moment, son couple ne va pas terrible, et notre héro semble pris dans le maelstrom de la routine qui vous frappe à la trentaine.

D'ailleurs, il n'y a pas que ça à faire, et dans un monde où les robots domestiques derniers cris font l'orgueil des bourgeois les plus irritants, un petit robot sans marque, mal fichu et endommagé, ça n'a qu'une seule destinée, la benne à ordure.

Seulement voilà, Ben va refuser de jeter le robot. Mieux, il va se mettre en tête de le sauver de l'obsolescence et de la mort, quel qu'en soit le prix ; même si ça implique de se disputer avec ses proches, ou de voyager à travers le monde.

Et tandis qu'il apprend à son ami de ferraille à devenir un robot fonctionnel, peut-être est-ce lui-même qui va apprendre le plus. Je vous laisse juger.

"Il y a un Robot dans le Jardin", c'est un livre qui m'a tapé dans l'oeil avec son gros titre, et sa couverture joyeusement kitsch. J'avais envie d'une lecture légère, et je dois dire que j'ai eu plus que ce que j'espérais. C'est non-seulement facile à lire, c'est aussi vraiment attachant. Ben et Tang sont un vrai duo de choc, totalement adorables dans leurs défauts, sans tomber dans la niaiserie. C'est un feel-good book, mais ce n'est pas bébête.

Je n'en dirai pas plus ne voulant pas vous spoiler, mais si je puis me permettre une petite interprétation à deux ronds, j'ai aussi beaucoup aimé comment ce livre traite du fait de se battre pour une cause perdue, et de lui donner une légitimité. Vous me direz que je suis peut-être un peu sentimental, mais dans ce mec qui n'en démord pas de réparer son robot que tout le monde dit bon pour la casse ; je me suis un peu vu, faisant des pieds et des mains à la fac pour faire comprendre à des intellectuels que oui, le zombie est un objet d'étude riche et culturellement valable. J'ai aussi vu mon frère, qui remplis des pages wiki sur un fangame non-officiel de Pokémon. J'ai vu tous ces gens à qui on essaye d'expliquer que leur passion est une sous-culture, et qui continuent quand même.

Tenez bon les copains, votre robot à vous, vous allez le réparer, et je sais que c'est le meilleur !