ESCAPE FROM NEW YORK (Sebela, Barreto, Louise, Simic)

Par Evil Ted. Le 25/08/2022.

New York 1997 et Los Angeles 2013 - Escape From New York et Escape From L. A pour les puristes - en voilà 2 films cultes avec un (anti)héros, Snake Plissken, personnage emblématique de la culture pop (n’oublions pas qu’il a inspiré Solid Snake de Metal Gear Solid). Un homme dont finalement on ne sait pas grand-chose (ce qui n’était pas forcément mal), ce qui a permis à certains auteurs de s’engouffrer dans la brèche et d’alimenter sa mythologie. Cette saga comics, composée de 4 tomes, vient donc nourrir le mythe en faisant directement suite aux événements survenus à New York en 1997, et donc bien avant ceux de 2013 à Los Angeles.

Après que Snake ait donné le fameux enregistrement sur cassette au Président des États-Unis, qui passe alors pour un idiot aux yeux de tous (fin du film), on apprend que son amnistie est annulée sur le champ par l'homme politique et qu’il se retrouve à nouveau recherché par les autorités. Il parvient à s’échapper et à rejoindre la ville de Miami en Floride, présentée comme une terre de liberté. Mais comme toujours avec Snake, rien ne se passe comme prévu et il se retrouve en conflit avec les caïds de la cité (des jumeaux assez jeunes et fous, protégés par une dame bien badass). L’esprit des films de John Carpenter est globalement respecté dans ce premier volume (également dans le 3ème, mais les tomes 2 et 4 font des digressions qui ne m'ont pas vraiment convaincu) : on y retrouve certaines fameuses répliques (« je le croyais plus grand », « je pensais que tu étais mort »), Plissken cherche tout le temps des clopes, il est toujours présent au mauvais endroit et au mauvais moment, il est affublé d’un dispositif pouvant le tuer s’il n’obéit pas … bref les ingrédients sont là et la mayonnaise prend (bon ce n’est pas du 4 étoiles, notamment en raison d’un dessin assez brut et pas très esthétique – on est loin des standards Marvel/DC actuels – , mais ça se déguste quand même). Sans trop spoiler on découvrira que la Floride sera annexée (d’une manière différente de la ville de Los Angeles), que Snake a déclenché la 3ème guerre mondiale et qu’il est devenu l’ennemi public numéro 1 pour les gouvernements (mais un héros pour une partie du peuple). Ce premier volume se termine avec un Snake en bien mauvaise posture, catapulté en Sibérie.

Dans ce tome 2, Plissken se retrouve en Russie, infliltré malgré lui dans l’armée américaine, en pleine 3ème guerre mondiale. Sans surprise, il y a des pros et des antis Snake dans les troupes. Comme d’habitude il se met dans de beaux draps entre un colosse membre de l’armée qui cherche à le dégommer (un côté Mad Max 2) et une secte d’illuminés qui vénèrent une sorte de roche-météorite sous terre (cela m’a évoqué Le Secret De La Planète Des Singes). Le déroulé de l'histoire fait que Kurt Russell…pardon…Snake (le personnage ressemble fort heureusement à l'acteur) gagne en badassitude, un peu trop d’ailleurs (notamment le combat avec l’ours). Le lecteur en apprend un peu plus sur lui, mais malheureusement je trouve que cet épisode ne colle pas vraiment avec l’univers que semble avoir pensé et créé par Big John Carpenter (un peu trop SF notamment les armes des ennemis). Ce second volume se termine avec Plissken qui a sauvé sa peau et qui se tient à nouveaux devant la cité new-yorkaise. Pourquoi ? C’est ce que va nous dévoiler le 3ème tome.

Un court flashback au début de ce troisième volet nous dévoile pourquoi il retourne dans La Grosse Pomme. Il vient « voir un vieil ami », le nouveau Duc (la nature ayant horreur du vide, il n'est pas surprenant qu'un nouveau caïd ait pris la place…mais je ne vous dévoilerai pas son identité). Cette partie de la saga est la meilleure des quatre, du fait qu’elle est assez cohérente avec les bases posées par le premier film (on retrouve la trahison, la vengeance, quelques éléments/ repris de manière assez judicieuse, et même une planche reproduisant une des affiches du film). Attention tout n’est pas parfait (je pense aux 2 moyens utilisés pour entrer et sortir de la ville … en gros, on n’est pas si loin, dans l’esprit, de la scène de surf mise en scène dans Los Angeles 2013) et le dessin pourra toujours rebuter certain(e)s (et ce même si le dessinateur a changé). La saga aurait pu se terminer ainsi de manière assez convaincante, mais, car oui il y a un mais, une 4ème et dernière aventure, que je trouve totalement dispensable, nous attend.

On retrouve notre vieux briscard à Cleveland, 14 ans plus tard (à priori avant les événements de L.A 2013), caché sous une fausse identité, portant la barbe et vivant dans une maison avec un chien. La guigne ne l’a pourtant pas oublié : le voilà menacé d’expropriation. Il ne l’accepte pas et décide donc de passer à l’action. Et c’est là que le bât blesse car dans un premier temps on nous présente un Snake Plissken en mode Taken/John Wick, puis en mode leader d’une révolution populaire face à un régime totalitaire (il n’y a plus d’élections). Alors que nous savons qu’il se bat surtout pour sa pomme et qu’il s'est retrouvé désigné comme un héros mais malgré lui (alors qu’ici il semble embrasser sciemment ce rôle). Bon heureusement tous les traits de sa personnalité ne sont pas gommés ou modifiés : il reste un expert en matière de chantage car il détient un objet très important aux yeux des autorités (vous verrez le sort qu'il lui réservera lol).

En conclusion après avoir découvert et lu cette nouvelle aventure de Snake Plissken, j’ai surtout eu envie de revoir les 2 films. Sur les 4 tomes présentés rapidement dans cet article, je considère que 2 valent le coup (1 et 3) et que les 2 autres sont décevants (2 et 4) . Mais comme il s’agit d’une seule et même intrigue, il faut lire les 4 volumes. A vous de voir si cela vaut le coup ou pas. Enfin, j'ajoute qu'il existe également une BD Jack Burton qui fait suite au film de 1986. Pour le moment seulement 2 tome sont disponibles en France (la fin du second nous maintient en haleine…vite la suite, surtout qu’elle existe outre-Atlantique ^^) et j’ai vraiment été séduit par ces nouvelles péripéties (d’ailleurs John Carpenter himself a été associé au projet).

Bonne lecture.

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