MEZCLA – Vidas Suspendidas

Par Evil Ted. Le 07/11/2022.

Direction la Région Bourgogne-Franche-Comté, et plus particulièrement la ville d’Auxerre avec MEZCLA, un groupe de metal qui fête ses 20 ans en cette année 2022. Alexis Munoz, chanteur-guitariste et leader du combo, souffre de cécité ; c’est la raison pour laquelle on sent dans ce nouvel opus des sentiments de rage et de lutte face à la maladie. Sur l’artwork de ce nouvel effort studio le personnage à plusieurs visages (un clin d’oeil au HARDWIRED…TO SELF-DESTRUCT de Metallica ?) semble aveugle et vouloir crier et/ou respirer (un renvoi au titre « RESPIRAR » sur l’album ?) ; ce qui renforce le ressenti précédemment évoqué. Sur les 9 titres qui composent la tracklist (pour environ 40 minutes au compteur), 8 nous dressent le portrait de patients qui souffrent de différentes pathologies (« PENUMBRA » étant un instrumental). Je vais vous présenter rapidement les extraits que j’ai préféré après plusieurs écoutes.

« TU MONDO ES… », qui parle d’autisme, ouvre le bal et il colle à l’idée que je me faisais de leur musique avant de mettre le disque dans le lecteur : du death-trash avec des touches hispanisantes que ce soit dans la langue employée pour le chant (quasiment exclusivement de l’espagnol – n’oublions pas que le nom du groupe signifie « mélange ») ou dans certains passages instrumentaux (plus chaud, lumineux et mélodique).

« BORRELIA », qui traite de la maladie de Lyme, nous martèle avec un riffing assez martial au début pour gagner progressivement en intensité et en rapidité. Les touches latines se font ici entendre en fin de composition (j’ai presque cru qu’il n’y en aurait pas). Je comprends pourquoi ils en ont fait une lyrics-video : on tient ici un hymne en puissance qui fera des ravages en live. Mais il y a encore mieux comme nous le verrons plus tard ^^.

Clip de « BORRELIA » :

« RAYOS ASESINOS » nous parle des enfants de la lune, des enfants atteints de la maladie Xeroderma Pigmentosum qui les empêchent d’être exposés à la lumière du soleil en raison d’une hypersensibilité aux rayons ultraviolets, sous peine de développer notamment des cancers de la peau, des dommages au niveau de la vue. Ce titre est, en ce qui me concerne, le meilleur de l’album. Les teintes latines, orientales (logique en Andalousie) se marient à la perfection du death-thrash du quatuor. Cette influence andalouse est encore plus présente sur « SIN SUFRIR, SIN TEMBLAR » qui clôture l’album avec notamment la présence d’une chanteuse qui nous renvoie à l’étiquette flamenco-metal qui est fréquemment collée au groupe.

Des touches d’hardcore se font sentir sur « NOCHE SIN LUNA » que ce soit dans le riffing ou le chant (tout particulièrement sur les refrains) et elles collent parfaitement à l’esprit du disque qui témoigne du courage et de la résilience que font preuve au quotidien les patients face aux affections/troubles/syndrome qui les frappent. « HOMBRE SIN DOLOR », comme son nom l’indique, parle de personne ne ressentant pas la douleur. Et comme on peut le constater dans les paroles, c’est loin d’être un atout (on n’est pas indestructible), c’est même plutôt tout le contraire. Par exemple ne pas sentir le froid et le chaud est problématique dans les gestes du quotidien et cause ainsi des dommages que la personne ne sent pas (il n’y a pas l’alerte douleur qui est générée par la blessure/mutilation). Il peut aussi y avoir des effets pervers en matière d’automutilation comme vous pouvez aisément l’imaginer…

Je ne connaissais pas du tout MEZCLA avant de recevoir le dossier promo par Ellie Promotion (que je remercie au passage) et je dois dire que j’ai passé un bon moment avec leur 5ème album VIDAS SUSPENDIDAS qui m’a donné envie de découvrir maintenant le combo en configuration live.

Bonne écoute.

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