CANDLEMASS – Sweet Evil Sun

Par Evil Ted. Le 21/11/2022.

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Copyright: Linda Akerberg

13ème album pour les suédois de CANDLEMASS qui, malgré de nombreux changements de line-up derrière le micro, nous ont globalement toujours proposé des sorties studio de (très bonne) qualité. A l’image de Saint Vitus, ils bénéficient d’un statut de groupe culte largement mérité (et ils mériteraient encore plus de lauriers). Johan Längqvist (pour rappel il est le premier chanteur du groupe sur le premier album « Epicus Doomicus Metallicus ») est toujours derrière le micro en 2022, après avoir remplacé au pied levé Mats Levén en 2018 pour l’album « The Door To Doom » (paru début 2019). Ainsi il a pu collaborer avec Leif Edling (basse, responsable également des lyrics) lors de la genèse des lignes de chant. Les thèmes abordés tournent autour de l'ambition et les conflits, l'espoir et l'échec, ce qui colle assez bien avec la musique lourde, intense et épique du combo. Alors, ce « Sweet Evil Sun », il est bon ou il est très bon ^^ ? C’est ce que nous allons voir tout de suite à travers 10 titres pour près de 53 minutes.

« WIZARD OF THE VORTEX » qui ouvre l’album porte très bien son nom : il se dégage une impression de mal qui rampe doucement mais surement, qui s’étend progressivement en étant de plus en plus pesant…un peu comme le sort d’un magicien malveillant. Les guitares, qui apportent des touches heavy épiques, collent très bien à l’imaginaire heavy metal. Ça commence fort ! Le titre qui suit, « SWEET EVIL SUN », est bien plus concis (en dehors de l’outro « A CUP OF COFFIN »). Nous ne sommes pas surpris d’apprendre que Leif Edling a mis environ 1 heure pour la composer. Riffing catchy et direct (presque hardrock dans l’esprit, tout comme le solo), refrain entêtant…un single en puissance. Logique que le groupe l’ait choisi pour en faire une vidéo-promo.

Clip de « SWEET EVIL SUN » :

Il flotte comme un parfum d’apocalypse sur « ANGEL BATTLE », impression renforcée à la lecture des paroles : 7 TRUMPETS ON THE 7TH DAY, WRATH IN THE CLOUDS / I SEE THE SOLEMN ANGEL, AND THE WHITE ONES THEY SLAY / THE VENGEANCE OF GOD / ANGEL BATTLE - SAINTS WITH BLOOD ON THEIR SWORDS / ANGEL BATTLE - THE WAR TO END ALL WARS. Les changements de rythmes renforcent cette idée de conflit : des temps forts/rapides (qui attaquent), des temps plus faibles (une marche martiale) … comme dans toutes les batailles. Difficile de ne pas penser à Black Sabbath avec « BLACK BUTTERFLY » tant au niveau des riffs que des paroles (les mots « CHILDREN OF THE GRAVE » ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd). J'ai l'impression d'entendre, sur cette composition, une petite teinte orientale, presque égyptienne : peut-être du fait que les égyptiens représentaient l'âme séparée du corps défunt par un papillon, et par un papillon nocturne en cas de mort violente (ce qui collerait aussi aux paroles … mais ce n’est que mon interprétation). Sur « WHEN DEATH SIGHS » qui parle de La Faucheuse (personnage qui vient annoncer la mort), la chanteuse d’Avatarium Jennie-Ann Smith vient taper un guest, ce qui n’est pas très surprenant quand on sait que Leif Edling a pas mal composé pour ce groupe. Son chant lyrique apporte de la variété et de la couleur à l’ensemble de l’oeuvre, ce qui est plutôt bien pour l’auditrice/auditeur.

Clip de « WHEN DEATH SIGHS » :

Place à « SCANDINAVIAN GODS » dont le début parlera forcément aux adeptes de Slayer et également de Judas Priest (avec cette voix qui rappelle Rob Halford sur certains passages). En tout cas ces influences ont été clairement reconnues et revendiquées par le bassiste-compositeur. Difficile de ne pas succomber tant l’exercice est maîtrisé.

Clip de « SCANDINAVIAN GODS » :

Il ne me reste plus qu’à évoquer « DEVIL VOODOO », « CRUCIFIED » et « GODDESS ». Le premier extrait débute avec une intro acoustique avant de monter rapidement en intensité. Un titre à tiroirs au sein duquel le groupe dévoile plusieurs facettes (c’est le plus long de l’album avec 7’36 minutes au compteur) : du heavy, du doom, du rock épique … une pièce de choix ^^. Les 2 dernières compositions dépassent les 6 minutes : riffing bien rapide sur un « CRUCIFIED » un peu thrashisant (qui me rappelle un peu Iced Earth dans une certaine mesure), et « GODDESS » qui conclut de belle manière ce disque avec un morceau dans la pure tradition du quintet. Classique et efficace.

Cette 13ème offrande « Sweet Evil Sun » nous confirme tout le bien que l’on pensait déjà des CANDLEMASS avec un album de doom de grand classe qui sait s’ouvrir et s’enrichir d’autres choses. Vous le retrouverez forcément dans de nombreux tops 2022, dont le mien. Ce qui accentue mon regret de ne pas les avoir vu en live. J’espère que cela sera le cas en 2023. Je croise les doigts.

Bonne écoute.

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